Virtuoso

Le Financial Times du 30 avril et The Economist du 7 mai rendent hommage à deux collègues du magazine hebdomadaire américain Bloomberg Business Week qui se sont plongés dans l’affaire du Brillante Virtuoso, du nom d’un pétrolier de taille Suezmax (c.-à-d. qui a juste la largeur pour passer par le canal de Suez). Le navire avait quitté la mer Rouge en direction de la Chine lorsqu’il fut manifestement attaqué par des pirates somaliens qui l’incendièrent. C’est du moins ainsi que la perte du navire fut déclarée aux assureurs londoniens en 2011.

Le détective que ces derniers avaient chargé de procéder à une enquête plus approfondie depuis son poste à Aden, fut intrigué par d’étranges circonstances dont il fit rapport, avant de perdre la vie quelque temps plus tard dans un attentat à la voiture piégée.

Le procès qui s’ensuivit opposa une banque qui avait consenti des prêts pour le navire et les assureurs. La banque fut en fin de compte déboutée de sa demande par le tribunal londonien. L’armateur du navire, présenté dans les analyses des journaux comme une figure bien connue dans le secteur des transports maritimes et qui peu après la décision du tribunal reçut encore la distinction de « Ship of the Year » de la Lloyd’s List, fut mis hors de cause : il n’était d’ailleurs pas partie au procès au cours duquel il fut toutefois désigné comme le véritable « chef d’orchestre ».

Les détectives d’assurance qui après les faits effectuèrent les recherches qui permirent de mettre en lumière un acte criminel firent toutefois l’objet d’une plainte au pénal pour violation de la vie privée, tandis que la veuve du premier détective ne bénéficia d’aucune indemnité.

Pour les deux médias, ce fut une raison suffisante pour se demander face à l’ironie de cette histoire dans quelle mesure les milieux londoniens du transport maritime sont-ils prêts à faire passer des relations d’affaires, même douteuses, avant leurs principes moraux, ce qu’ils comparent avec la bonne collaboration dont des oligarques russes bénéficièrent pendant longtemps auprès de gestionnaires de patrimoines à « Londongrad ».

“Dead in the water” compte 288 pages et est paru chez Portfolio (USA) et Atlantic Books (R-U).

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