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Un séminaire de la branche européenne de l’IASIU, l’International Association of Special Investigation Units, s’est tenu du 13 au 15 juin pour la première fois depuis 2018.

Plus de 300 participants originaires de l’ensemble de l’Europe et du reste du monde ont pris part à cette grand-messe de la lutte contre la fraude à l’assurance. Des assureurs, des enquêteurs, des organisations professionnelles, des fournisseurs d’outils de lutte contre la fraude, des consultants, des services de police et d’autres autorités y étaient représentés. Il est en effet extrêmement important de disposer d’un vaste réseau dans le monde de la lutte contre la fraude.

Différents sujets ont été abordés :
 

  • Des organisations telles que l’IASIU organisatrice du séminaire, la VCI - Vehicle Crime Investigators Association, les Global Marine Investigators - GMI et la Coalition against Insurance Fraud ont eu l’opportunité de se présenter.
     
  • La collaboration entre le secteur privé et les autorités. Le défi est partout important et les solutions diffèrent fortement d’un pays à l’autre. La collaboration la plus poussée est observée en Angleterre et au Pays de Galles : l’Insurance Fraud Enforcement Department de la City of London Police y est financé par l’Union professionnelle des assureurs britanniques.
     
  • Une grande attention a été prêtée aux systèmes, techniques et tactiques de détection et d’analyse de la fraude : analyse de l’encre pour déterminer l’authenticité et l’âge des documents et des écrits qu’ils contiennent, identification unique des dégâts aux véhicules sur (différentes) photos, modèles de collaboration entre assureurs, Open Source Intelligence ou OSINT, emploi de comptables judiciaires, lutte contre le vol de voitures, techniques d’observation, etc.

La fraude est en partie universelle, mais certains phénomènes se sont tout de même avérés être spécifiques à certains pays. Le ghost broking (des intermédiaires non autorisés qui vendent soit des couvertures inexistantes soit des couvertures incorrectes sur la base de fausses déclarations) se révèle être un problème essentiellement britannique. Quant aux pays du Moyen-Orient et d’Afrique, il est tout particulièrement simple d’y obtenir un document officiel authentique contenant de fausses informations. Ce document peut ensuite être utilisé pour commettre une fraude en Europe. Il s’avère que, non seulement en Italie mais de plus en plus aussi dans d’autres pays, la mafia italienne est impliquée tant dans la fraude (et d’autres actes criminels) que dans l’économie régulière. Dans un certain nombre de pays non européens, une bien moins grande attention qu’en Europe est prêtée au droit à la vie privée et aux enquêtes éthiques d’une manière générale. En cas d’enquête dans les Balkans, et surtout en ex-Yougoslavie, il est extrêmement important de tenir compte du contexte (religieux et ethnique) complexe.

Un certain nombre de détails et de cas intéressants ont également été passés en revue.
 

  • Ainsi, le montant total de la fraude à l’assurance aux États-Unis était il y a peu encore estimé à 80 milliards de dollars. De nouvelles estimations, basées sur des études scientifiques, aboutissent à un montant annuel de 308 milliards de dollars.
     
  • Lors d’une perquisition menée chez un fraudeur démasqué aux États-Unis, les enquêteurs ont retrouvé non seulement les documents comptables permettant de prouver la fraude, mais aussi une liste noire reprenant les noms des personnes ayant mis au jour la fraude ainsi que les armes et les engins explosifs nécessaires pour procéder effectivement à des règlements de compte.
  • Une enquête concernant un montant anormalement élevé assuré en revenu garanti en Suisse a révélé une fraude à grande échelle visant à financer un groupe terroriste (les Tigres tamouls au Sri Lanka).

 

  • Le pont Öresund entre Malmö et Copenhague a manifestement des vertus thérapeutiques. Une victime d’un accident a été observée. Dans son propre pays, l’homme semblait ne pas pouvoir utiliser du tout son bras droit. Une fois arrivé à l’étranger après avoir traversé le pont, il pensait qu’il ne serait plus suivi et il utilisait sans problème son bras soi-disant inutilisable.

De plus amples informations sont disponibles sur le site Internet de l’IASIU.

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